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Anthony BONDAIN

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Parce que les informations financières se consomment comme les viennoiseries, chaudes et à l'heure du petit déjeuner, Anthony Bondain se lève à l'aube pour vous servir le Morning Meeting tous les matins.
Journaliste financier et boursier depuis plus de deux décennies, inimitable éditorialiste et leader flegmatique, il est rédacteur en chef de ZoneBourse.

Qui osera sortir EDF de la bourse ?

14/01/2022 | 14:34
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Le parcours boursier d'EDF est un long chemin de croix. Plusieurs fois, il a été question ces dernières années de retirer de la cote une entreprise dont les caractéristiques se marient mal avec les exigences boursières. Alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent à nouveau, il serait temps de faire quelque chose. A la fois pour apaiser le débat sur la stratégie énergétique de la France, mais aussi parce que la cotation de l'énergéticien n'a plus vraiment de sens.

Electricité de France a été introduite en bourse au début de l'année 2006, à un cours de 32 EUR par action pour les particuliers et de 33 EUR pour les professionnels. Actuellement, l'action cote 8,20 EUR, après une chute de 21% sur la seule séance du jour, consécutive à une double lame d'actualité. D'un côté, le gouvernement a décidé de plafonner la hausse des prix réglementés pendant l'année entière (nous ne sommes pas encore à la mi-janvier), de l'autre l'énergéticien a revu en baisse marquée sa prévision de production d'énergie nucléaire pour l'année prochaine à cause de problèmes détectés sur plusieurs réacteurs, qui nécessitent des investigations additionnelles. Entre le manque à gagner sur les prix de l'énergie et la sous-utilisation du parc, il n'y a aucune difficulté à imaginer dans quel état les comptes de l'entreprise vont se retrouver.

Cette situation complique encore une équation déjà quasiment insoluble pour le groupe qui peine à mettre ses investissements au niveau des enjeux sociétaux. En d'autres termes, il y aura encore moins de ressources pour alimenter la transition énergétique, l'évolution du parc nucléaire, les exigences de démantèlement, etc. L'entrée en bourse d'EDF avait permis en son temps de participer au financement du plan de développement du groupe, dans un contexte de dérégulation. C'est en tout cas ce qui avait été vendu à l'époque. Avec succès, puisque je rappelle à ceux qui, comme mes stagiaires, étaient scolarisés entre la maternelle et le primaire à l'époque, EDF a été la première capitalisation boursière de France devant Total en 2007 (hors prises en compte du flottant). Sans vouloir faire du mal à mon tonton Jacques, salarié-actionnaire de la première heure, EDF pesait à l'époque plus lourd qu'Apple en bourse. Ça pique un peu.

Cruauté gratuite

Cruauté gratuite

Trop d'enjeux contradictoires

Le problème d'EDF, c'est que c'est un animal politique en charge d'un service public essentiel au cœur d'une controverse technologico-dogmatique à l'heure de la transition énergétique post-dérégulation. Dit autrement, l'entreprise est à la merci des choix de l'exécutif français. Elle opère dans un domaine extrêmement sensible pour le portefeuille des électeurs citoyens. Elle dispose d'une technologie dominante, le nucléaire, parmi les plus clivantes. Et se retrouve à gérer de nouvelles contraintes et une transformation à l'heure où ses finances sont à marée basse. J'ajoute à cela qu'EDF cristallise quelques contradictions. Comme par exemple le fait que nous voulons de l'énergie verte mais pas chère. Ou que le gouvernement cherche à accroître la capacité d'investissement du groupe tout en lui coupant les vivres pour limiter les hausses tarifaires.

L'essence d'une cotation en bourse est de lever des fonds pour financer des projets. Des actionnaires individuels et institutionnels seraient-ils prêts à participer à une levée de fonds pour le champion du nucléaire en 2022 ? Franchement, je ne vois pas qui irait se fourrer dans une telle galère. Les recapitalisations précédentes, qui ont contribué à ramener l'Etat au-dessus de 80% du capital, ont surtout servi à éponger le passé. Je ne nie pas les efforts de modernisation, surtout à l'échelle d'une maison de cette taille, mais ils semblent bien trop minces pour convaincre des investisseurs de mettre au pot dans un projet qui sera, de toute façon, chaperonné par un Etat français dont la stratégie énergétique n'offre aucune visibilité sur le long terme.

Pour toutes ces raisons et d'autres que je ne détaillerai pas pour ne pas ouvrir un millier d'autres débats, il me semble qu'EDF n'a pas besoin d'étaler ses problèmes au vu et au su de tout le monde en bourse. La réforme de l'énergie dont le pays a besoin gagnerait en sérénité. Reste à gérer le problème du rachat des minoritaires qui seront nécessairement froissés des conditions proposées, même avec une belle prime sur les cours du jour. Le prix de 20 EUR qui avait été évoqué voilà quelques mois lors de la précédente vague de rumeur de retrait de la cote est déjà très loin. 


© Zonebourse.com 2022
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Valeurs citées dans l'article
Varia.DernierVar. 1janv
APPLE INC. -1.28%162.41 Cours en différé.-7.35%
ELECTRICITÉ DE FRANCE 1.67%8.272 Cours en temps réel.-19.92%
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victeloi - Il y a 1 semaine arrow option
Merci pour cet article. Dans la veine nostalgie, je me souviens de l'époque ou mon conseiller clientète CE souhaitait me "fourger" euh placer des actions EDF. Je ne le sentais pas à l'époque, je le sens encore moins actuellement. EDF dossier emblématique de l'état actionnaire....
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Racklet - Il y a 1 semaine arrow option
C'est scandaleux de lire ça. Edf possède un outil de production et de distribution en bon état, bien contrôlé, bien géré et qui permet de distribuer aux français une énergie électrique bien moins chère et polluante que celle que l'on trouve chez nos voisins. Mais EDF est un cheval dont l'Etat coupe régulièrement les jarrets pour, tantôt faire plaisir aux consommateurs et le plus souvent enrichir les sociétés concurrentes (Engie, Total... et tous les parasites qui plantent des éoliennes et capteurs solaires) Et l'on s'étonne que cette société soit au bord de l'effondrement financier avec un si beau patrimoine... sur lequel les vautours n'arrêtent pas de lorgner.
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rerhardt - Il y a 1 semaine arrow option
Scandaleux certainement, mais comment prendre des actions d'une société qui est "dirigée" par la CGT, soit "Cancer Généralisé du Travail" !!!!!!
La technologie nucléaire est un CO2 nul donc parfait pour la planete, mais il faut que les rapaces puissent se nourrir, et c'est le contribuable qui paye.
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gm6002b58032e52 - Il y a 1 semaine arrow option
Bravo pour votre article tres revelateur du " systeme" francais .; La prochaine fois n'oubliez pas les 42 milliards de dette .
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lemarin - Il y a 1 semaine arrow option
Le journaliste réussit l'exploit d'écrire cet article le jour ou l'action EDF perd 15 pc à la suite d'une décision scnadaleuse et surtout illégale sans désigner comme responsable ce gouvernement qui force Edf à subventionner la production et la distribution d'éléctricité . La décision n'est pas une décision de conseil d'administration , mais élyséenne .
Lemaire reconnait que le prix de l'éléctricité devrait être 35 pc plus cher !
La formulation policée est "conflit d'intérêt" mais en fait
c'est du vol pur et simple . On devrait mettre en taule ce ministre .
Voyons ce que feront les associations de défense des minoritaires .
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