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Relance, la France voudrait, l'Allemagne pourrait

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04/09/2019 | 10:59

Le Français et à plus forte raison l'Italien voudraient s'appuyer sur la dépense publique pour relancer la croissance, même si cela paraît déraisonnable au vu de leur situation budgétaire. L'Allemand, lui, peut le faire, mais se l'interdit au nom du dogme "Schwarze Null", qui a érigé l'équilibre budgétaire au rang de principe sacré. Mais avec une économie proche de la récession technique, ne serait-il pas temps de casser les codes ?

Cette question, c'est Stéphane Monier, le responsable des investissements de Lombard Odier, qui la pose. "Cette règle d’équilibre a sans doute eu du sens au lendemain de la crise financière mais les infrastructures allemandes, de son réseau routier à son réseau à haut débit, sont délabrées", estime-t-il. L'heure est peut-être venue pour Berlin d'utiliser la marge de manœuvre bâtie depuis 2012 : près de 2% d'excédent budgétaire, un ratio d'endettement revenu à 60,9% et l'excédent courant le plus élevé du monde.

Pour Stéphane Monnier, l'Allemagne peut même se payer le luxe d'accroître sa dépense publique tout en respectant sa règle d’équilibre budgétaire. Il a calculé qu'en déployant 50 Mds€ de mesures de relance (avec multiplicateur budgétaire de la dépense gouvernementale de 0,8), la croissance serait stimulée de 1,1% et le budget resterait excédentaire. Le tableau ci-dessous montre trois hypothèses calculées par le spécialiste.
 
Dépenses allemandes et impact sur la croissance du pays et de la zone euro
 
Un impact qui dépasse les frontières
 
Une telle décision aurait des conséquences positives sur la zone euro (+0,3% de PIB, selon le représentant de Lombard Odier) et rendrait l’économie allemande moins dépendante de ses exportations, à l'heure où le bras de fer sino-américain pèse sur le commerce mondial. Cerise sur le gâteau, poursuit Stéphane Monnier, les rendements des emprunts d’Etat allemands sont négatifs sur toutes leurs maturités, signe que "les investisseurs sont disposés à payer au gouvernement fédéral allemand le privilège de lui prêter de l'argent".

Les planètes paraissent donc alignées pour une relance, d'autant qu'il faut aussi préparer le long terme dans un environnement de plus en plus protectionniste : le modèle économique fondé sur les biens d'exportation a beaucoup à perdre.
"À très court terme, la menace d'une récession pourrait bien suffire à libérer l'Allemagne de sa dangereuse obsession pour l'orthodoxie budgétaire et à l’emmener vers une économie plus équilibrée", conclut Stéphane Monnier.
 

Anthony Bondain
© Zonebourse.com 2019
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