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Mathieu
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GRECE : Le bilan d'Alexis Tsipras

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30/06/2017 | 18:55

Arrivé à la tête du gouvernement début 2015, Alexis Tsipras, leader du parti eurosceptique et anti-austérité Syriza, avait promis de mettre au pas les créanciers de la péninsule. Mais la conquête et l’exercice du pouvoir sont deux exercices bien distincts, une évidence dont la population grecque a pris conscience à ses dépens.

Prospérant en plein cœur de la crise de la dette publique, le leader populiste, une sorte de Jean-Luc Mélenchon local, s’est en effet vu confier les rênes du gouvernement sur la base du rejet populaire des mesures de rigueur imposées à Athènes par la Troïka (BCE, UE, FMI) en échange de leur soutien financier.

Au cours de sa campagne, le leader de Syriza n’avait pas hésité à afficher sa détermination à tenir tête aux créanciers du pays, menaçant d’une sortie de l’Europe si aucun accord satisfaisant pour la Grèce n’était conclu.

Oui mais voilà, il semblerait que les épaules du jeune quadragénaire n’aient finalement pas été assez larges pour supporter à elles seules les potentielles conséquences d’un tel saut vers l’inconnu, inévitablement assorti d’un défaut de paiement et d’une faillite de l’Etat.

Alors une fois au pouvoir, notre idéaliste révolutionnaire est rentré dans le rang, reconnaissant implicitement la protection offerte par l’Europe à ses compatriotes.

Le 5 juillet 2015 fut en effet organisé un référendum soumettant au peuple un projet d’accord soumis par la Commission Européenne, la BCE et le FMI. Un peu comme si Athènes avait le choix. A 61.31%, les votants, logiquement excédés de payer le prix des incompétences de leurs dirigeants successifs, ont massivement rejeté les nouvelles cures d’austérité que contenait le texte.

Quelques jours plus tard, leur Premier ministre troquera son costume de bienfaiteur insoumis contre celui de renégat décomplexé pour entériner, sans repasser par la case du vote populaire, un mémorandum moins favorable qu’initialement prévu, cédant au passage à 220 restrictions.

Si cela n’empêchera pas sa réélection à l’occasion des législatives anticipées du 20 septembre 2015, les Grecs auront l’occasion de continuer à déchanter sous Tsipras II.

Retraite à 67 ans (rétroactif) et baisse des pensions, suppression d’un fonds chargé de financer les retraites complémentaires, hausse TVA, sur-taxation des carburants, création de nouvelles taxes (cafés, cigarettes), ou encore expulsions des débiteurs bancaires de leur résidence principale, ne représentent que quelques exemples parmi les mesures acceptées par le gouvernement hellénique depuis 2015, qu’elles soient effectives immédiatement ou applicables ultérieurement.

Certes, la Grèce n’a probablement plus d’autre choix que celui de se plier aux exigences de la Troïka pour éviter un immense désastre. Mais avouons que tout cela tranche nettement avec les promesses de campagne et les discours électoralistes de Syriza.

Conséquence directe, seulement 19.5% des Grecs souhaitent que Monsieur Tsipras soit réélu en 2019 selon une étude de l’Institut Marc du 28 Mai 2017. D’après les sondages, le parti de droite Nouvelle Démocratie remporterait largement les élections législatives si elles avaient lieu cette année. Non pas que leur marge de manœuvre soit beaucoup plus large mais en plus de tenir un discours réaliste, ils bénéficient d’une relation nettement meilleure avec les créanciers du pays.

Le recul des populismes en Europe et la perspective d’une élection allemande majeure à l’automne n’offrent par ailleurs pas au gouvernement en place un contexte favorable pour jouer les gros bras. Ainsi, si Athènes vient d’obtenir un nouveau prêt de 8.5 milliards d’euros le 15 juin dernier, suffisant pour éviter un défaut au mois de juillet et passer un été tranquille, celui-ci s’est négocié en échange d’un nouveau package de mesures, incluant une quatorzième réforme des retraites et une nouvelle révision de l’impôt sur le revenu : un matraquage des classes moyennes sans précédent.

Après sept années de crise, le dossier grec est malgré tout loin d’être bouclé alors que la dette du pays (180% du PIB) est toujours jugée insoutenable, notamment par le FMI, qui réclame un allègement du fardeau, auquel il conditionne même sa future participation aux négociations. Les programmes d’aide successifs pourraient en effet ne faire que retarder l’échéance d’un défaut inévitable, un scénario catastrophe pour toutes les parties. Plusieurs fois évoquée, mais toujours différée, une réduction de la dette ne devrait toutefois pas être officiellement annoncée avant l’épuisement du troisième plan d’aide, prévu pour s’échelonner jusqu’en mai 2018.

Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2017
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