Connexion
E-mail
Mot de passe
Retenir
Mot de passe oublié ?
Devenir membre gratuitement
Inscription
Inscription
Devenir membre
Inscription gratuite
Devenir client
Découvrez nos services
Paramètres
Paramètres
Cotations dynamiques 
OFFON

Accueil Zonebourse  >  Matières premières  >  LME Copper Cash       

CUIVRE (LME COPPER CASH)

SynthèseGraphiquesActualitésCommunauté 
SynthèseToute l'actualitéAnalyses Zonebourse

Comment valoriser une entreprise de matières premières?

share with twitter share with LinkedIn share with facebook
share via e-mail
2
22/01/2019 | 07:45

Les entreprises d'extraction de matières premières – pétrole, gaz, charbon, or, cuivre, diamant, etc. – sont risquées : comme les prix des ressources fluctuent volontiers du simple au quintuple, leurs retours sur investissements sont incertains. A ce titre, les modèles financiers qu'on applique pour les valoriser se révèlent au mieux inexacts, au pire complétement fantaisistes.

 
Leurs activités impliquent par ailleurs un levier opérationnel maximal : une fois amortis leurs investissements de développement et coûts d'exploitation, tout écart positif – dit "netback" – entre le coût de production et le prix de vente se retrouve directement dans les profits. 
 
A l’inverse, lorsque le prix de la ressource sur le marché est inférieur à son coût de production, les pertes se creusent brutalement. Les entreprises ne peuvent alors compter que sur la clémence de leurs investisseurs pour encaisser le choc et tenir bon.
 
Cette mise en garde effectuée, l'auteur propose ci-dessous un modèle simple, intuitif, volontiers grossier – mais mieux vaut se trouver grossièrement dans le vrai que précisément dans le faux – en dix étapes bien distinctes pour valoriser un producteur de matières premières. 
 
Toutes les informations nécessaires se trouvent dans les rapports annuels, disponibles sur les sites internet des sociétés étudiées dans les sections « relations investisseurs ».
 
1. Isoler un à un les actifs suivants : fonds de roulement (soit les actifs courants moins les passifs courants, ou les ressources nécessaires à l'exploitation de l'activité sur l'année), réserves prouvées, réserves probables, éventuelles participations dans d'autres sociétés, immobilisations diverses type équipements de forage, pipeline, réservoirs de stockage, usines de traitement, etc.
 
2. Isoler les passifs à long terme – les passifs à court terme ont déjà été retranchés dans le calcul du fonds de roulement – sans oublier d'y compter d'éventuelles provisions de remise en état des sites naturels, parfois inscrites hors bilan.
 
3. Parce qu'une marge de sécurité est toujours la bienvenue, compter tous les actifs pour zéro, à l'exception des réserves prouvées. En revanche, et bien naturellement, compter à 100% les passifs à long terme.
 
4. Calculer ensuite le breakeven – c'est-à-dire le seuil de rentabilité – de l'exploitation, en commençant par le coût d'extraction. A cette fin, diviser le total des charges d'exploitation de l’année – exclure les charges non-cash comme les amortissements, mais inclure les charges financières – par la production de l'année, ce qui donnera le coût d'extraction de chaque unité produite – baril de pétrole, mètre cube de gaz, tonne de charbon, once d'or, etc.
 
5. Calculer ensuite le coût de développement – c'est-à-dire le montant des investissements à long terme réalisés pour mettre en place la production, ou "capex", abrégé de l'Anglais "capital expenditures" – selon le même mécanisme : en divisant le capex de l'année par la production de l'année, ce qui donnera le coût de développement pour chaque unité produite.
 
6. Additionner le coût d'extraction et le coût de développement : voici le seuil de rentabilité par unité produite, c’est-à-dire le coût total de production par baril de pétrole, mètre cube de gaz, tonne de charbon, etc. Reproduire les calculs sur les deux ou trois années précédentes, de sorte à esquisser une moyenne. Ne pas hésiter à retenir la borne supérieure de ladite moyenne, de sorte à parer à d'éventuelles mauvaises surprises.
 
7. En déduire la profitabilité de chaque unité produite selon différents prix de marché. Si par exemple le breakeven d'un producteur de pétrole – coûts d'extraction et développement additionnés – est de $60 par baril, il empochera $10 par baril avec un prix du marché à $70, ou $20 par baril avec un prix à $80, etc.
 
8. Comme la juste valeur d'un actif est égal à la somme des profits qu'il rapportera à son propriétaire au long de sa durée de vie, multiplier le total des réserves prouvées – par exemple, 50 millions de barils de pétrole – par le "netback" empoché par baril selon les différents prix de vente. Pour continuer sur notre exemple, sur la base d'un breakeven à $60 par baril et d'un prix de vente à $70, multiplier le netback de $10 par les 50 millions de barils en réserves prouvées : lesdites réserves valent $500 millions si le pétrole s’échange à $70 le baril, ou $1 milliard s’il s’échange à $80, etc.
 
9. Soustraire de la valeur des réserves prouvées le total du passif à long terme, pour ainsi obtenir la valeur nette desdites réserves selon différents prix de vente.
 
10. Rapporter ensuite cette valeur nette à la capitalisation boursière de l'entreprise étudiée. Si la capitalisation est inférieure à la valeur nette obtenue, il y a une peut être une opportunité d'investissement à creuser – car, au moins sur le papier, on peut acquérir une participation directe dans un producteur à un prix qui sous-estime la valeur nette de ses réserves prouvées ; le reste des actifs – tous comptés pour zéro – fait office de marge de sécurité supplémentaire.
 
Une fois cette valorisation effectuée, il convient d'évaluer la capacité de survie de l'entreprise : il faut donc vérifier que le levier est raisonnable – par exemple que la dette ne dépasse pas deux années de cash-flows – et qu'aucune échéance de remboursement ne presse.
 
Bien sûr, le modèle présenté ci-dessous est très imparfait : les charges d'exploitation peuvent augmenter, et par extension compresser le netback ; par ailleurs, le prix de vente réalisé varie d’une année et l’autre, et la valorisation des réserves est alors à recalculer en fonction de la déplétion. 
 
Exceptionnellement ardu et truffé d’imprévus, l’investissement dans les sociétés de matières premières est donc une affaire qu’il convient de réserver aux spécialistes – ou aux spéculateurs avertis.
 

Thomas Gouttman
© Zonebourse.com 2019
share with twitter share with LinkedIn share with facebook
share via e-mail
2
Réagir à cet article
Réagir le premier
Publier
loader
Toute l'actualité sur LME COPPER CASH
17/01ALIMENTAIRES : Matières premières: le palladium pulvérise les 2.500 dollars, le
AW
10/01BOURSE DE PARIS : Paris finit étale après une semaine agitée
AW
10/01ALIMENTAIRES : Matières premières: l'or s'agite, le cuivre monte et le café
AW
03/01MATIÈRES PREMIÈRES : les tensions géopolitiques dopent l'or et bousculent le
AW
2019CUIVRE, PALLADIUM ET ARABICA : matières premières gagnantes de l'année 2019
AW
2019Glencore cité dans une plainte sur l'exploitation d'enfants en RDC
AW
2019COBALT : Glencore cité dans une plainte sur l'exploitation d'enfants
AW
2019ALIMENTAIRES : Matières premières: nouveau record pour le palladium, cuivre et
AW
2019ERAMET, plus forte hausse du SBF 120 à la clôture - Mercredi 11 décembre 2019
AO
2019L'Europe boursière recule un peu avant les annonces de la Fed
RE
Plus d'actualités
Graphique LME COPPER CASH
Durée : Période :
Cuivre (LME Copper Cash) : Graphique analyse technique Cuivre (LME Copper Cash) | Zone bourse
Tendances analyse technique LME COPPER CASH
Court TermeMoyen TermeLong Terme
TendancesHaussièreHaussièreNeutre